La vidéo dévoilée par People montre Pitt assis à côté de son partenaire canin et plaisantant lorsqu'Uber détourne le regard de la caméra. Le geste résume assez bien leur méthode. Pitt explique qu'ils suivaient le chien et improvisaient autour de ce qu'il faisait réellement. Pour l'acteur, Odin est même « la star du film » et la pièce la plus importante de l'histoire.

Ce n'est pas uniquement une jolie formule pour vendre un survival avec un berger allemand sur l'affiche. Heart of the Beast repose presque entièrement sur James Belmont et Odin. Après un crash d'avion, l'ancien des forces spéciales et son chien se retrouvent isolés dans les étendues sauvages de l'Alaska. Paramount Pictures France sortira le film le 23 septembre.

Un chien ne refait pas exactement la même prise

Avec un acteur, un réalisateur peut replacer un regard, modifier un déplacement et demander une sixième prise presque identique à la cinquième. Uber n'a aucune raison de respecter ce contrat. David Ayer expliquait à GQ que cette imprévisibilité ajoutait une pression permanente au tournage : le chien allait faire ce qu'un chien fait.

Pitt a donc travaillé dans l'autre sens. Au lieu d'attendre qu'Uber reproduise une action parfaitement calibrée, il observait sa réaction et ajustait son jeu. Sur la featurette, cette façon de faire paraît légère. Elle devient beaucoup plus intéressante pour un film dont la relation centrale doit donner l'impression d'exister depuis des années avant le premier plan.

Ayer tenait précisément à éviter le chien-accessoire, celui qui apparaît pour déclencher une émotion puis retourne hors champ. Il voulait, selon ses propres mots, un personnage vivant, doté d'une présence et d'une histoire perceptibles aux côtés de James.

Uber avait déjà travaillé en montagne avant Hollywood

La production n'a pas choisi un chien uniquement pour son allure. Ayer et son équipe ont cherché en Nouvelle-Zélande un animal capable de supporter les exigences physiques du tournage et ont trouvé Uber, qui appartenait à un secouriste en montagne. Il venait d'une lignée destinée aux forces de l'ordre, à l'armée et aux premiers secours.

Uber n'a d'ailleurs pas porté Odin entièrement seul. Quatre chiens ont participé au film : Uber et ses trois fils, Seeka, Ryker et Hondo. La préparation a été serrée. Ayer estime qu'une production de ce type disposerait normalement d'environ vingt semaines pour entraîner les animaux ; son équipe en a eu douze.

Le réalisateur raconte aussi avoir découvert dans le scénario une relation où l'homme et le chien se sauvent constamment l'un l'autre. Il ne les considérait pas comme un maître et son animal mais comme deux partenaires à égalité. Brad Pitt aurait lui-même voulu être placé derrière Uber sur la feuille de service.

David Ayer a compliqué un film qui semblait pourtant très simple

Sur le papier, Heart of the Beast tient presque dans une ligne : un homme, un chien, une montagne. Le tournage a transformé cette simplicité en casse-tête logistique. Les décors censés représenter l'Alaska ont été filmés principalement sur l'île du Sud en Nouvelle-Zélande, notamment dans des zones glaciaires très difficiles d'accès.

Pour certains plans, l'équipe a dû rejoindre les lieux en hélicoptère avec une quantité d'équipement limitée. Ayer raconte même avoir déposé Pitt et le chien sur une crête pour simplement les laisser avancer dans le paysage pendant que la caméra les suivait.

Cette contrainte convient assez bien au projet. Les grands espaces de Mauro Fiore peuvent montrer à quel point James et Odin sont minuscules dans leur environnement, puis le film doit revenir suffisamment près d'eux pour que deux mouvements ou un regard entre l'homme et le chien portent une scène.

Après Fury, Ayer retire presque tout à Brad Pitt

Heart of the Beast réunit David Ayer et Brad Pitt après Fury, sorti en 2014. Le contraste amuse le réalisateur. Fury avait des chars, une unité entière, des explosions et la guerre comme décor permanent. Ici, Ayer résume le plateau à Brad, une caméra et un chien.

Il dit avoir découvert chez Pitt une vulnérabilité qu'il n'avait pas vue lors de leur première collaboration. L'acteur sortait alors de F1, production construite autour des voitures, des circuits et de la foule, pour se retrouver dans un récit où une grande partie du jeu repose sur le silence et la présence d'Uber.

Le scénario de Cameron Alexander avait d'ailleurs touché Ayer avant même le tournage. Le cinéaste parle d'une étude du deuil, de la guérison et du cœur humain, emballée dans un film de survie. Il qualifie aussi Heart of the Beast d'histoire d'amour entre un ancien soldat et son partenaire de combat.

J.K. Simmons et Anna Lambe complètent la distribution. En France, Heart of the Beast arrivera en salles le 23 septembre, deux jours avant sa sortie américaine.